Techniques et matériel · BORDURE
La pêche à la mouche en rivière tourangelle
Canne, soie, bas de ligne et mouches : ce que la pêche à la mouche change en rivière et en étang tourangeau, du lancer au choix du poste.
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La mouche est un leurre qui imite un insecte, sa larve ou un alevin. La pêche à la mouche consiste à le propulser avec une ligne dont le poids fait tout le travail : c’est la soie, et non la mouche, que le pêcheur lance.
Lancer la ligne, pas le leurre
Dans les autres pêches aux leurres, c’est le poids du leurre qui l’emporte au bout du fil. Ici, la mouche est trop légère pour être lancée seule : c’est la soie, ligne épaisse et lourde, qui sert à la propulser au moyen d’un lancer dit fouetté. Vous ne jetez pas un poids au fond : vous envoyez une ligne dans l’air, et la mouche suit au bout du bas de ligne.
Une histoire vieille de dix-huit siècles
La pêche à la mouche n’est pas née d’un perfectionnement récent. La première description écrite connue se trouve dans le Natura Animalium de Claude Élien : il y rapporte une technique macédonienne qui consiste à leurrer des poissons tachetés, probablement des truites fario, avec des hameçons recouverts de laine rouge et cerclés de plumes de coq.
La deuxième référence écrite est celle de Juliana Berners, abbesse de l’abbaye de Sopwell, en Angleterre. Le Traité de pêche à la ligne paraît imprimé pour la première fois en 1496, mais des manuscrits lui sont antérieurs. On y décrit la fabrication de douze leurres imitant des insectes. La littérature s’étoffe au XVIIe siècle, avec les apports de Charles Cotton et d’Izaak Walton.
En eau douce, la pêche à la mouche se décompose en trois catégories définies par ce que la mouche cherche à imiter : la mouche sèche, imitation d’insectes flottant en surface ; la nymphe et la mouche noyée, imitations de larves ou de nymphes d’insectes aquatiques ; le streamer, imitation d’alevin ou de petit poisson. En mer, la pratique se fait presque exclusivement au streamer.
Le mot « mouche » reste employé même quand la mouche n’imite plus un insecte. Il vient de ce que la technique avait au départ un but unique : prendre les poissons qui gobent des insectes en surface. Pour le détail des familles artificielles, voyez notre rubrique techniques et matériel.
Pourquoi un poisson mord sur une mouche ?
Un poisson peut prendre une mouche artificielle pour deux raisons. La première est que la mouche imite de façon satisfaisante l’aspect ou le comportement d’une proie qu’il a l’habitude de manger. La seconde est qu’elle provoque, par son animation, ses couleurs ou ses reflets, un réflexe d’agressivité. Certains modèles très efficaces n’imitent d’ailleurs rien en particulier.
Le choix dépend ensuite de conditions changeantes : température de l’eau et de l’air, vent, luminosité, saison, heure de la journée. Comme pour les leurres souples, tout se joue sur la présentation et l’animation. Cette activité demande de la dextérité, une bonne connaissance des comportements alimentaires du poisson visé et de l’entomologie.

Canne, soie et bas de ligne : ce que porte le moucheur
- La canne, appelée fouet, est aujourd’hui en carbone. Longtemps, il s’est agi de cannes en bambou noir, avant que la fibre de verre ne la supplante, puis que le carbone ne s’installe.
- Le moulinet sert de réserve de fil et de frein lors d’un combat avec un poisson de taille importante.
- La soie est l’élément propulseur du leurre : c’est elle qu’il faut fouetter pour obtenir de la distance. Une soie peut être flottante, plongeante ou intermédiaire selon les conditions.
- Le backing est une réserve de fil raccordée au moulinet d’un côté et à la soie de l’autre.
- Le bas de ligne fait la transition entre la soie et la mouche. Le dernier brin, sur lequel la mouche est nouée, est la pointe.
La mouche se fixe à l’extrémité du bas de ligne, imitative ou incitative. Le montage se fait en fixant sur l’hameçon des matériaux naturels ou synthétiques avec un fil de montage : plumes de coq, de faisan, de canard, poils de lièvre, de sanglier ou de cervidés.
Le moucheur porte un gilet garni de petits outils. Il y range les boîtes à mouches, les bas de ligne, les bobines de fil, et les lunettes polarisantes, qui permettent d’observer le poisson quand l’eau est claire et le soleil suffisant. On y trouve aussi une pince pour écraser un ardillon, une pince coupe-fil, une aiguille pour déboucher un œillet et un produit hydrophobe pour faire flotter les mouches sèches.
Autre élément essentiel : un pantalon de wading, ou des cuissardes, qui permet de s’avancer dans le lit de la rivière. Même en no-kill, les moucheurs sont souvent munis d’une épuisette à maille fine, qui sert à décrocher sans risquer de maltraiter le poisson.
Quels postes choisir sur une rivière tourangelle ?
C’est en rivière de première catégorie que la majorité des moucheurs cherchent la truite fario et l’ombre commun. Pour un pêcheur de Touraine habitué aux grands carnassiers du fleuve, la mouche suppose un changement de décor : l’eau courante, les postes de courant et les veines rapides plutôt que les fosses profondes de la Loire.
No-kill : un état d’esprit autant qu’une technique
Les moucheurs se réclament d’une pratique sportive, par l’effort physique qu’elle demande et par un état d’esprit particulier. La graciation, ou no-kill, en est une des manifestations : une proportion croissante de pratiquants remettent volontairement à l’eau la majorité de leurs prises. Ce respect du poisson séduit de plus en plus, et le moucheur refuse l’aspect alimentaire lié à toute pratique halieutique.
Des parcours de pêche en no-kill existent aux États-Unis et en Europe. Ils permettent de pratiquer dans des conditions ludiques, avec hameçon sans ardillon et épuisette obligatoire. Une certaine mortalité des prises vient en effet des manipulations sans précaution : extraire le poisson de l’eau, le suspendre par l’hameçon ou le tenir trop longtemps avec des mains sèches peut le blesser gravement.
En Europe, la pêche à la mouche traîne l’image d’une pratique compliquée et onéreuse. Sa technique de lancer demande beaucoup de pratique pour être maîtrisée, et les moucheurs emploient un vocabulaire largement anglais. Cet élitisme tend à disparaître : le matériel et le nombre croissant de pratiquants mettent cette pêche à la portée de tous. Les clubs mouches répartis sur le territoire français offrent au débutant un point d’entrée simple.
La page « Pêche à la mouche » de l’encyclopédie en ligne retrace son histoire, décrit les trois familles de mouches en eau douce, le matériel, l’équipement et l’éthique du no-kill.
La rédaction de Banc de Loire, contact@aventure-peche-37.com
| Cote | Hauteur d'eau | Fond | Leurre de départ | Pages |
|---|---|---|---|---|
| Bordure | moins d'un mètre | sable, graviers, herbiers | cuillère légère, leurre de surface | page courante |
| Mi-eau | la couche de chasse | veines de courant, seuils | poisson nageur, leurre souple | 9 pages |
| Fosse | le fond de la fosse | mouilles, fosses de pont | plomb lourd, mort-manié | 6 pages |
Repères de lecture
La rédaction ne publie ni poids de plomb ni taille de cuillère en chiffres : les valeurs utiles dépendent du débit du jour, de la profondeur réelle du poste et de la vitesse du courant, que seule la lecture du bord donne. Ce que la page décrit, c'est la relation entre l'étage d'eau et le geste, pas un barème.

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