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Banc de Loire Pêche en Indre-et-Loire
01 MI-EAU : la couche où chassent la perche, le brochet et le sandre, la plupart des techniques de leurre.

Poissons et milieux · MI-EAU

L'alose, la migratrice de printemps de la Loire

Ce que la grande alose vient faire dans la Loire au printemps, comment elle remonte le fleuve et pourquoi sa venue se lit depuis la berge.

La rédaction de Banc de Loire · contact@aventure-peche-37.com

Loire au printemps vue depuis la berge, eau verte haute qui coule sur des graviers clairs, jeunes feuilles de saule le long de la rive, pêcheur isolé debout sur le bord.
La Loire haute de printemps, vue depuis la berge.

MI-EAU

  • Saison : toute l’année
  • Débit : selon le jour
  • Leurre : selon la cote

Autres pages à cette cote : Leurres souples, poissons nageurs et cuillères en action
La perche aux leurres et la recherche des bancs
Le float tube en rivière et en étang

Ce que cette page ne chiffre pas
Ni le débit du jour, ni la date d'ouverture de la pêche, ni la taille légale de l'année. Ces trois valeurs changent chaque saison et se lisent dans l'arrêté en vigueur en Indre-et-Loire, pas dans un article.

Chaque printemps, la Loire change de population. Des poissons qui vivent en mer remontent le fleuve pour pondre, puis repartent. La grande alose est l’un de ces voyageurs, et sa venue bouleverse quelques semaines durant la lecture que vous faites du fleuve.

Vous allez voir ce que l’espèce est vraiment, pourquoi sa remontée se joue maintenant, et ce qu’un pêcheur peut observer depuis une berge.

Une alose n’est pas un poisson du fleuve

Alosa alosa porte plusieurs noms : Grande Alose, Alose vraie, Alose, Alose vulgaire, et, dans le langage courant, allache, alouzenn, aloz, coulac, poisson de mai, sable, sabre ou saracca.

Le point à retenir pour un pêcheur tourangeau est ailleurs. La grande alose appartient à la famille des Clupeidae, celle des harengs et des sardines. Ce n’est ni un carnassier de fosse, ni un poisson de bord de sable qui tient un poste toute l’année. C’est un migrateur. La différence commande tout ce que vous verrez au bord de l’eau.

D’où vient la grande alose et où va-t-elle ?

L’espèce était autrefois commune en Europe. Elle remontait les grands fleuves par milliers d’individus, sur des centaines de kilomètres. Cette abondance n’est plus.

Le cycle est simple. Les adultes arrivent de la mer, pondent en eau douce au printemps, puis les jeunes grandissent sur place. À l’automne, ces jeunes retournent en mer dès qu’ils atteignent une taille d’environ 10 cm. Ils y grandiront jusqu’à atteindre 70 cm, pour 3 à 4 kg.

Le poisson que vous croisez au printemps a donc passé des années en mer, et celui que vous verriez descendre à l’automne est un juvénile de quelques centimètres. Entre les deux, le fleuve n’est qu’un passage.

Ce que dit le statut de l’espèce

La grande alose est classée en danger critique sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature. En France, l’espèce est considérée comme menacée de disparition. Le pays est le seul qui abrite encore des populations significatives, et ces populations régressent.

Plusieurs causes sont citées : la pollution, dont des perturbateurs endocriniens, la fragmentation écologique des cours d’eau, et la surpêche, professionnelle comme amateur. Sur la fragmentation, le mécanisme est clair : les grands barrages empêchent le poisson de remonter quand ils ne sont pas équipés de passes ou d’ascenseurs à poissons performants.

Un épisode du Sud-Ouest aide à mesurer la difficulté. Dans une région où l’espèce était autrefois abondante, elle semblait avoir du mal à reconstituer ses populations, malgré un moratoire interdisant provisoirement sa pêche pour cinq ans. Dans le même temps, les lamproies avaient stabilisé ou augmenté leur nombre. Un poisson protégé n’est donc pas un poisson rétabli.

Sur les liens entre lumière artificielle et reproduction, la page ne tranche pas : les effets de la pollution lumineuse sur cette espèce ne semblent pas avoir été étudiés.

Détail recadré au carré : l'eau vive sur un haut-fond de graviers, surface ridée par le courant, branches basses et feuillage tendre au bord du cadre.
Détail recadré au carré : l'eau vive sur un haut-fond de graviers, surface ridée par le courant, branches basses et feuillage tendre au bord du cadre.

Comment sait-on quand les aloses pondent dans le bassin ?

La réponse tient dans un dispositif précis, et il concerne directement le bassin de la Loire. Sur l’Allier, trois frayères d’aloses ont été équipées d’enregistreurs audio-numériques qui évaluent la nuit l’activité reproductrice des poissons. L’un des sites se situe en aval du pont-barrage de Vichy, dans une zone exposée à la lumière artificielle.

Ce suivi a permis de dater le début de la reproduction de nuit : du 11 au 12 mai sur les deux sites situés le plus en aval, et dans la nuit du 18 au 19 mai sur la frayère située le plus en amont.

Ce qu’il faut lire dans ces dates : la ponte se détecte au son, de nuit, et elle progresse dans le bassin par vagues successives, les sites aval d’abord, le site amont ensuite. Pour le pêcheur, une alose n’est pas visible parce qu’elle saute, mais parce qu’un appareil l’entend.

Ce qu’un pêcheur peut observer depuis la berge

Rien dans cette page ne décrit un poste, une technique ou un montage pour prendre la grande alose, et le contexte général ne s’y prête pas. Ce que vous pouvez faire tient à l’observation, et elle a de la valeur.

Vous regardez d’abord la période. La remontée pour la ponte se situe au printemps, et le mois de mars est nommé. Les relevés audio de l’Allier datent la reproduction de mai. Vous avez là deux repères de calendrier, à confronter à ce que vous voyez sur la Loire, le Cher ou la Vienne.

Vous regardez ensuite le comportement. Un poisson qui remonte un fleuve pour pondre ne se tient pas comme un poisson qui chasse. Un migrateur avance, franchit, progresse vers l’amont. Cette lecture du fleuve en largeur, celle des bras, des îles et des chenaux, vous la pratiquez déjà pour d’autres espèces : ici, elle sert à repérer un passage, pas un poste.

Vous regardez enfin les obstacles. Un pont-barrage, un seuil, un ouvrage non équipé d’une passe ou d’un ascenseur à poissons performant sont des points de blocage. La page de la Grande Alose sur Wikipédia le rappelle pour les grands barrages. Observer une alose, c’est souvent observer un endroit où elle est arrêtée.

La grande alose a été réintroduite dans le bassin du Rhin dans le cadre d’une opération Life-Nature. Le projet prévoyait de relâcher cinq millions de larves élevées en France et marquées pour pouvoir être suivies. Pour la Loire, la page ne publie aucun programme équivalent.

Elle rappelle en revanche que l’espèce remontait autrefois l’Escaut, jusqu’à la Nette, et la Meuse jusqu’à Namur. Des repères à garder en tête quand vous lisez le mot migrateur.

Ce qui reste flou et ce que vous pouvez noter

La distinction avec les poissons sédentaires du fleuve tient en une phrase : l’alose ne vit pas dans la Loire, elle y passe. Le brochet, la carpe ou le silure occupent un milieu à l’année ; l’alose le traverse, à une période donnée, pour une raison précise, et repart.

Beaucoup de choses ne sont pas publiées : ni densité actuelle par bassin, ni nombre d’individus franchissant un ouvrage donné, ni effet mesuré de la lumière artificielle sur la reproduction.

Ce que vous pouvez faire ne demande aucun matériel. Notez la date à laquelle vous observez une activité inhabituelle sur votre secteur, l’ouvrage concerné, la rive et l’heure. Une observation datée et localisée vaut plus, pour la suite, qu’un souvenir de belle prise. Pour situer vos sorties, consultez où pêcher en Indre-et-Loire et notre rubrique poissons et milieux.

La page « Grande alose » de l’encyclopédie en ligne rassemble sa classification, ses dénominations, son habitat, son statut de conservation et les menaces qui pèsent sur l’espèce.

La rédaction de Banc de Loire, contact@aventure-peche-37.com

Correspondance des trois étages d'eau
CoteHauteur d'eauFondLeurre de départPages
Borduremoins d'un mètresable, graviers, herbierscuillère légère, leurre de surface10 pages
Mi-eaula couche de chasseveines de courant, seuilspoisson nageur, leurre souplepage courante
Fossele fond de la fossemouilles, fosses de pontplomb lourd, mort-manié6 pages

Repères de lecture

La rédaction ne publie ni poids de plomb ni taille de cuillère en chiffres : les valeurs utiles dépendent du débit du jour, de la profondeur réelle du poste et de la vitesse du courant, que seule la lecture du bord donne. Ce que la page décrit, c'est la relation entre l'étage d'eau et le geste, pas un barème.

Le chenal du fleuve en large au matin de printemps, courant lisse sous un ciel clair, banc de graviers découvert à droite et silhouette du pêcheur à contre-jour.
Le chenal du fleuve en large au matin de printemps, courant lisse sous un ciel clair, banc de graviers découvert à droite et silhouette du pêcheur à contre-jour.

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